La dépression en tant que maladie engendrée par le stress

Le stress est partout et fait partie de la vie: toute confrontation avec des contraintes externes ou internes déclenche une réaction de stress raisonnable. Le cerveau et le corps réagissent par le stress à toute incitation au changement. Le stress au quotidien prend des formes très variées et peut, par exemple, se manifester lors d’exigences de performance croissantes dans l’activité professionnelle ou les loisirs. Mais les conflits relationnels, le flux d’information permanent et l’accélération de la vie quotidienne peuvent eux aussi engendrer du stress. Le corps mobilise de l’énergie lorsqu’il réagit au stress. Il s’adapte ainsi à l’environnement dont les conditions et exigences sont en constante évolution. Tant qu’un épisode de stress reste de courte durée, il peut être considéré comme positif et stimulant. Normalement la réaction de stress prend fin rapidement. Lors de stress chronique en revanche, la réaction ne se calme pas. Elle provoque une augmentation de la concentration des hormones du stress dans le cerveau, ce qui peut favoriser une dépression. La notion de dépression due au stress provient de là. Cette prédisposition peut être aussi bien génétique ou remonter à des expériences vécues au cours de la petite enfance, abus sexuel ou abandon par exemple.

En règle générale, ce n’est pas le stress lui-même, mais son évaluation et son traitement individuel qui favorisent les maladies:

Illustration 3: Le vécu personnel négatif d’un événement générateur de stress ou plusieurs d’entre eux (p. ex. décès, déménagement, conflits familiaux, problèmes professionnels, perte d’emploi, etc.) peut conduire à la maladie.

La dépression est considérée aujourd’hui comme un état chronique de stress qui provoque l’épuisement et la sensation de sursollicitation constante. On essaie souvent de maîtriser le stress de la vie quotidienne en le combattant ou en se résignant. Aucune des deux variantes n’est une bonne solution car le stress est toujours présent et péjore la santé sur le long terme.

Le stress chronique est relativement souvent accompagné de la sensation de perdre le contrôle de la situation. Dans certaines régions du cerveau (le système limbique qui a pour fonction de réguler nos sensations), il se produit en outre une suractivité des amygdales, importantes pour la régulation des émotions, laquelle engendre une suractivité pathologique et durable du système hormonal du stress (hypothalamus-hypophyse-surrénale, soit axe HPA). Le cerveau perd le contrôle de ce système.

Ce décalage dans la régulation du système hormonal est devenu entretemps le mieux référencé parmi toutes les modifications hormonales en cas de dépression. La majorité des patients dépressifs montre par exemple une concentration élevée des hormones du stress dans le sang. Les traitements antidépressifs médicamenteux avec inhibition de la recapture de la sérotonine, mais aussi les thérapies psychothérapeutiques contribuent à la normalisation de la suractivité pathologique du système hormonal de stress ainsi que des symptômes cliniques.

Un autre système est concerné en plus de l’axe HPA: les patients dépressifs montrent une concentration extrêmement élevée de cortisol, ainsi qu’un problème de la régulation du système nerveux végétatif (cf. illustration4) avec augmentation de l’activité sympathique qui conduit à uneaugmentation de la sécrétion d’adrénaline. La suractivité durable des systèmes hormonaux de stress peut finalement provoquer d’autres modifi cations du métabolisme qui peuvent aboutir aux maladies mentionnées ci-dessus, comme infarctus, accident vasculaire cérébral, ostéoporose, résistance à l’insuline et diabète. Nous savons aujourd’hui que toutes les maladies psychiques ont des effets sur le corps et, inversement, que les maladies physiques influencent considérablement la psyché. Il est important de savoir que les maladies psychiques consistent en un processus neurobiologique qui a lieu dans le cerveau.


Dans le cas de la dépression, il s’agit le plus souvent d’un dérèglement du système des hormones du stress. Toute maladie psychique est par conséquent «psychosomatique» (cela signifie que des aspects physiques et psychiques jouent un rôle) et exige un traitement complet et global. Cet élément est essentiel dans l’exemple de la dépression.