Formes particulières de depression

Certains symptômes particulièrement frappants permettent d’identifier des formes particulières de dépression. La dépression larvée ou masquée est l’une des principales d’entre elles. Elle se distingue surtout par des symptômes physiques, des troubles végétatifs et des organes, cf. illustration 1. Une autre forme est la dépression mélancolique, caractérisée par un état d’angoisse marqué le matin, une perte de poids, de joie de vivre, de libido et d’intérêt.

Des termes utilisés autrefois, tels que «dépression endogène», «dépression névrotique» et «dépression réactive» ne sont plus guère employés aujourd’hui, car les concepts de l’origine de la dépression appliqués à l’époque sont réfutés par la recherche actuelle.

Symptômes physiques d’une dépression


Illustration 1: Symptômes physiques de la dépression. Les symptômes physiques prennent quelquefois une telle importance que les problèmes psychiques dont ils découlent sont difficilement décelables. On parle alors d’une dépression masquée ou larvée.

La dépression peut se manifester tout à fait différemment chez certaines personnes. Elles réagissent non pas avec abattement ou tristesse, mais par irritabilité, agressivité, colère ou surconsommation d’alcool. Selon les circonstances, elles s’adonnent intensivement au sport. Les personnes concernées se sentent stressées et épuisées. Ce genre de symptômes concerne plus fréquemment les hommes.

Syndrome de burn out
Le syndrome de burn out décrit un état d’épuisement induit par la surcharge et le stress professionnels prolongés. Les femmes se voient souvent confrontées aux charges supplémentaires que présentent les tâches ménagères et familiales. Ces tâches peuvent, à elles seules, représenter une charge professionnelle. Le syndrome de burn out se caractérise par le manque d’énergie, une capacité de performance réduite, l’indifférence, le cynisme et l’aversion souvent après un engagement très intense pendant des années et des performances supérieures à la moyenne. Un facteur relativement mineur (changement de poste par exemple) suffit souvent à déclencher la maladie lorsque le stress s’accumule depuis des années. Des symptômes physiques diffus tels que forte transpiration, vertiges, maux de tête, problèmes gastro-intestinaux et douleurs musculaires sont souvent présents. Les troubles du sommeil sont très fréquents. Le syndrome de burn out peut évoluer jusqu’à l’état de dépression grave. Des attentes plus élevées vis-à-vis du collaborateur, une pression sans cesse croissante au poste de travail et un manque chronique de reconnaissance conduisent à une aggravation de l’état d’épuisement. Les changements des conditions de travail inhérents à la mondialisation telles que disponibilité permanente par e-mail, téléphone mobile ou BlackBerry posent de nouvelles exigences pour la santé et le comportement adéquat face au stress professionnel.

La dépression de la personne âgée
On parle de «dépression de la personne âgée» à partir de l’âge de 65 ans. Les maladies dépressives ne sont de manière générale pas plus fréquentes chez les personnes d’âge mûr. Elles seraient même un peu moins fréquentes chez les «jeunes seniors» entre 65 et 75 ans. Chez les patients plus âgés, une dépression n’est souvent pas décelée et reste par conséquent non traitée pendant des années. En outre, les risques de chronicité et de soins de longue durée sont élevés pour ces personnes. Les patients âgés ont tendance à passer les symptômes dépressifs sous silence et à se plaindre plutôt de problèmes physiques. Divers symptômes physiques sont plus présents chez les personnes âgées que chez les patients jeunes (cf. illustration 1). Des douleurs diffuses chez les personnes âgées peuvent souvent exprimer une dépression. La maladie peut également survenir ou s’aggraver dans le cadre d’une alimentation insuffisante ou inadéquate ou encore en raison de l’absorption insuffisante de liquides. Une vie active avec une activité physique régulière constitue un facteur de protection avéré pour les personnes âgées également.

La dépression post-partum
Les semaines suivant l’accouchement (période du post-partum) sont délicates pour la nouvelle maman et comportent un risque très élevé de développer une maladie psychique (dépression post-partum). Les épisodes dépressifs après l’accouchement surviennent chez 10 à 15% des femmes et commencent pour la plupart au cours de la première ou de la deuxième semaine. L’évolution s’aggrave souvent lentement au fil des semaines et des mois. Le tableau clinique est identique à celui des épisodes dépressifs classiques au cours d’autres périodes de la vie. La phase post-natale est cependant caractérisée par des modifications hormonales importantes et rapides: la quantité des hormones progestérone, estrogène, cortisol et thyroxine diminue significativement au cours des 48 premières heures après l’accouchement. La raison pour laquelle ces modifications hormonales conduisent à la maladie chez certaines femmes reste encore inexpliquée. Le baby blues, comme on l’appelle souvent, doit être différencié de la dépression post-partum. Il apparaît au cours de la première semaine, pas avant le troisième jour généralement, et ne dure que quelques heures ou quelques jours. Il concerne environ 50% des accouchées et n’est pas considéré comme une maladie.

La dépression saisonnière (dépression hivernale)
Les journées d’hiver sombres et brumeuses influencent négativement l’humeur. En cas de ce que l’on appelle dépression saisonnière ou dépression hivernale, cela peut conduire dans certains cas à une maladie grave, voire mortelle. La cause est la diminution saisonnière de la quantité de lumière pénétrant dans l’oeil. Le manque de stimulation électrique qui en résulte peut induire, chez les personnes sensibles à ce phénomène, un trouble du métabolisme du cerveau et l’apparition d’une dépression.

La dépression n’est quelquefois décelée qu’après une longue période de souffrance. Chaque personne réagit différemment, mais il est bien cependant que la souffrance soit reconnue. Ce n’est qu’ainsi que le traitement adéquat peut commencer. Le diagnostic exact constitue ainsi la première étape d’un traitement réussi.